AGRONOMIE

La plantation –
Du rêve à la réalité

Durant la colonisation belge de 1908 à 1960.

 

Les futurs colons agricoles, désireux de créer leur propre plantation doivent avoir du courage, beaucoup de détermination, profusion de qualités individuelles et un savoir-faire non seulement en agriculture, mais aussi en technique mécanique, électrique, en gestion financière, en commerce et connaître, comprendre, se plier, avec bien peu d’aide, beaucoup de bon sens à une multitude de traditions locales, de décisions, de lois et autres obstacles dont ils devront savoir dominer la complexité.

Il n’en est pas de même des agents responsables de grandes sociétés agro-industrielles, parfois multinationales, structurées juridiquement, financièrement et techniquement assistées par des spécialistes et dont les objectifs sont nettement plus ambitieux.

Un certain nombre d’épreuves, de points de passages obligés sont communs à tout opérateur économique en milieu agricole. La Colonie, entre 1908 et 1960 a eu comme objectif principal le développement du pays en encourageant les investissements productifs sans toutefois léser les habitants, protégés par une législation stricte.

Nous envisagerons donc la suite des problèmes à résoudre lorsque l’on veut, dans le cadre d’une entreprise, créer une plantation sur une vaste étendue, ces soucis étaient bien présents du temps de la colonie et sont toujours d’actualité.

Lorsque l’on désire investir dans l’agriculture sous les tropiques, à l’Equateur, il faut trouver une surface proportionnée à ses ambitions, réunissant les exigences agronomiques et climatiques de la culture envisagée, permettant l’évacuation régulière des produits à commercialiser et surtout, libre d’occupants.

Cela demande un sérieux travail de prospection et de négociation avec les populations voisines, car chaque portion de territoire fait partie de l’aire d’influence d’un groupe ethnique, même si l’occupation n’est pas effective.

Ces zones de cueillette, de chasse et de pêche ne seront plus disponibles lors de l’installation de la plantation et une compensation doit donc être envisagée pour sauvegarder les intérêts de la population locale.

Après que les prospecteurs-agronomes, les laboratoires d’analyses, l’administration territoriale, les occupants légaux et le futur exploitant aient terminé ces préliminaires, une concession est attribuée par l’autorité de tutelle.

Il ne s’agit généralement pas d’un droit de propriété, mais d’un bail emphytéotique éventuellement renouvelable (50 ou 99 ans) assorti de conditions assez drastiques en ce qui concerne la mise en exploitation.

Cette législation est valable en milieu rural dans le cas de la création d’une exploitation agricole; en milieu urbain la loi est différente : celui qui construit sa maison en ville en reste propriétaire.

Habituellement la surface concédée est très largement supérieure à l’objectif à court terme de l’investisseur. Des terrains de réserve sont prévus et permettent ainsi une extension possible de l’exploitation.

Périodiquement, un inventaire des réalisations est fait.  Chaque surface ayant fait l’objet d’un investissement est assortie d’un coefficient. Il est évident que l’investissement nécessaire à la construction d’un hôpital, d’une usine, de bureaux, d’une cité de travailleurs, d’un terrain de football, de tanks de stockage, de hangars, d’un laboratoire, d’une installation portuaire, d’une école ou d’un logement est nettement supérieur à celui nécessaire à l’établissement d’une plantation, d’une réserve de champs vivriers ou de pâturages, le coefficient y afférant sera donc lui aussi différent.

Le contrat prévoit donc qu’un certain pourcentage de la surface concédée doit être mis en valeur au terme de chaque décennie et les rétrocessions ne sont pas rares; cela évite l’immobilisation de grandes surfaces qui resteraient non valorisées, économiquement stériles.

Ce processus est celui qui a été suivi pour l’installation des plantations durant la période coloniale, en fonction de la législation en cours à cette époque.

Quelques années après l’accession du Congo à la souveraineté nationale, la nouvelle République s’est penchée sur la question des terres et un sérieux nettoyage a été entrepris, c’est ce que l’on a appelé la loi Bakadjika, du nom de son animateur.

Un certain nombre de petites concessions devenues obsolètes ont été reconsidérées et souvent rétrocédées.

Dans de nombreux cas un bon époussetage était nécessaire et fut entrepris dans le cadre de la nouvelle législation.

1.  Installation

Vient ensuite le gros travail de mise en chantier.

La plantation

Fréquemment la surface à planter est divisée en carrés de un kilomètre de côté, soit cent hectares, séparés par des routes de six mètres de large et souvent parcellés par des pistes carrossables de quatre mètres tracées tous les deux cent cinquante mètres.

L’abattage de la forêt, le brûlage, le dessouchage partiel, l’introduction de légumineuses de couverture pour éviter la stérilisation du sol, le tracé des routes et des pistes, le piquetage, tout cela doit précéder le plantage proprement dit et être terminé avant le début de la saison des pluies, période favorable pour la mise en terre.

Parallèlement, il faut installer la pépinière, choisir un emplacement central, à proximité d’une source d’eau qui ne tarit pas durant la période de sécheresse, se procurer des graines sélectionnées et les entretenir durant un an et demi avec, dans le cas de l’hévéa, un éventuel greffage.

Vient alors le moment de la mise en terre qui demande une bonne organisation, une certaine qualification de la main-d’œuvre afin d’éviter de trop grosses pertes dans les premiers mois de la vie de la jeune plante.

Durant quatre à cinq ans, suivant le matériel planté, un entretien rigoureux, des soins intensifs, sur plusieurs centaines d’hectares seront nécessaires avant que la production ne commence réellement et que la plantation commence à rembourser et rétribuer les investissements.

Une plantation n’est pas éternelle, un palmier croît d’environ cinquante centimètres par an; après vingt-cinq ans la production chute et la couronne n’est plus accessible aux récolteurs; un hévéa peut être saigné de vingt-quatre à vingt-huit ans ; c’est donc pratiquement quatre pour cent de la surface de la plantation qui doit être renouvelée annuellement si l’on veut garder une production constante.

Le service technique

Tout est à faire, en commençant par l’aménagement d’un port qui permettra l’acheminement du matériel nécessaire à la construction et au montage des usines.

Ciment, bois de construction, chaudières, camions, charpentes métalliques, poutrelles, groupes électrogènes, centrale électrique, machines d’usinage, véhicules légers, bulldozers, niveleuses, ravitaillement, engrais, matériel agricole, produits chimiques, matériel médical, médicaments, tout doit passer par un port fluvial qui fait certainement partie des premières priorités.

Il faut aussi déterminer l’emplacement des installations techniques, trouver de l’eau convenable en quantité suffisante ou forer des puits, dégager le site, niveler, creuser les fondations, piqueter, couler le béton et installer toute la structure de l’usine, de la centrale électrique, du garage, des ateliers d’ajustage, du magasin de pièces de rechange, des entrepôts de produits finis ou des tanks de stockage dans le cas de production d’huile de palme ainsi que de la station de carburant, en tenant compte des impératifs de sécurité.

Tout cela doit être fin prêt pour accueillir les premiers fruits de la plantation.

Les services généraux et divers

Il faut en même temps prévoir la construction de logements pour la main-d’œuvre et pour les cadres, approvisionner ces cités en eau et éventuellement en électricité; construire des bureaux, des magasins d’alimentation pour ravitailler les travailleurs, une chambre froide, une piste d’aviation.

Le service médical de la plantation doit être rapidement organisé par la création d’un dispensaire et l’engagement d’infirmiers, puis dans les grandes exploitations la création d’un hôpital et l’engagement d’un médecin.

L’engagement de personnel compétent, dans des régions généralement peu développées, au sein d’une population non qualifiée, n’ayant peu ou aucune formation technique, mécanique, médicale, comptable, agronomique pose un très grave problème et l’importation de main- d’œuvre étrangère ou en provenance d’autres régions est quasiment impérative.

2.  Exploitation

L’objectif de la plantation est de créer le maximum de produits finis de qualité, de les expédier en vue de la commercialisation et cela le plus économiquement possible. C’est une organisation complexe qui demande à la fois rigueur et souplesse.

Elle repose sur les épaules d’un certain nombre de responsables:

Le Directeur :

  • est responsable envers le conseil d’administration de la mise en oeuvre de la politique générale de l’entreprise;
  • fondé de pouvoirs, il est responsable civilement et pénalement du siège d’exploitation;
  • élabore, présente et contrôle le suivi du budget annuel;
  • prépare les projections budgétaires à 3, 5 et 10 ans;
  • veille aux relations extérieures tant au sein de l’entreprise qu’auprès des autorités locales et des autres composants économiques ou autres de la région;
  • assure la coordination des différents services de l’exploitation, prévient et évite les conflits qui pourraient nuire à la rentabilité de la plantation.

Le Chef Planteur :

  • élabore, défend et veille au suivi du budget annuel des dépenses de la plantation, des extensions et des pépinières (main-d’œuvre nécessaire à chaque travail, engrais, matériel, produits chimiques) ;
  • établit les estimations de production et les estimations kilométriques annuelles afin de permettre la conception du budget des usines et du service transport;
  • est en charge de l’exploitation de la plantation;
  • veille sur la régularité des cycles d’entretien, sarclage, émondage, récolte;
  • organise l’évacuation de la production jusqu’aux usines;
  • veille à la correcte coordination et à la complète information entre le service plantations et le service technique qui a lui aussi ses impératifs propres;
  • veille à l’approvisionnement régulier de chaque usine en produits en provenance de la plantation en évitant les surcharges et les hiatus tout en donnant aux responsables techniques la possibilité de procéder aux entretiens hebdomadaires et aux réparations éventuelles.

La responsabilité du Chef Planteur s’arrête en principe lorsque le produit de la plantation est arrivé aux usines.

Le chef du Service technique:

  • élabore, défend et veille au suivi du budget annuel de l’ensemble de ses services;
  • est responsable des magasins de pièces techniques de rechange;
  • élabore et rédige les commandes de pièces de rechange et des intrants techniques (carburants, lubrifiants divers, filtres, outillage, petit matériel etc.);
  • est responsable du bon fonctionnement du matériel technique de l’exploitation;
  • juridiquement coresponsable avec le Directeur de la sécurité incendie et générale des installations techniques;
  • coordonne les travaux des différents services sous sa responsabilité.

Le service technique est très complexe et se subdivise en sous-services :

  • Usines : transforme les produits bruts en provenance de la plantation en produits finis.
  • Garage : responsable de l’entretien et des réparations des véhicules ainsi que de la formation et du contrôle des chauffeurs.
  • Diesel : en charge de l’entretien, des réparations et de l’exploitation des moteurs fixes (génératrices, pompes, groupe soudure etc.) ainsi que du matériel de génie civil.
  • Electricité : responsable de la centrale électrique, des transformateurs, de la distribution de la basse tension, de l’émetteur radio et du bon fonctionnement de la force motrice.
  • Construction : comprend non seulement un atelier de fabrication et de réparation du mobilier, mais aussi des équipes de maçons et de charpentiers en charge des constructions nouvelles et de l’entretien des bâtiments existants.
  • Atelier de mécanique : sous la responsabilité d’un ajusteur spécialisé en machines-outils.
  • Installations portuaires : responsabilité du stockage et de l’expédition des produits finis ainsi que du déchargement et de l’acceptation des marchandises arrivant par bateaux.
  • Le magasin de pièces techniques de rechange : responsable des stocks d’une grande valeur comptable mais aussi des commandes, des entrées, des sorties et des imputations.

La responsabilité du Chef du Service Technique commence à la réception des produits de la plantation dans les usines et s’achève lorsque les produits finis sont chargés dans les barges scellées et acceptées par les transporteurs.

Les Services :

Comptabilité : en charge de la comptabilité, du contrôle des stocks, des dépenses et des recettes de la plantation, du calcul des salaires mensuels de chaque employé.

Le Service du Personnel: veille à l’engagement et à la gestion des ressources humaines dans le respect de la législation sociale:

  • relations avec les syndicats et la délégation syndicale de l’entreprise;
  • engagement et classification des emplois;
  • licenciement et calcul des indemnités;
  • allocations familiales et contrôle de la composition de la famille;
  • calcul des congés payés et octroi des congés de circonstances;
  • hygiène des cités et welfare.

Le Service commercial : s’occupe de la gestion des magasins de traite dont le but est de fournir à la main-d’œuvre les produits de première nécessité tant en ravitaillement (riz, sel, sucre, savon, poisson salé, bière etc.) qu’en habillement (chemises, pagnes, mouchoir de tête, sandales etc.).

Le Service médical: a beaucoup d’importance pour les travailleurs et leurs familles qui ont droit à tous les soins médicaux gratuits. Dans les grandes exploitations le médecin organise I’ hôpital ainsi que tous les dispensaires répartis sur la surface de la plantation, il rédige aussi les commandes annuelles de médicaments et de petit matériel médical. Il est généralement assisté de religieuses et d’un personnel médical qualifié dont il assure la formation et le perfectionnement.

3.  La vie en plantation

En principe, la semaine comprenait une bonne quarantaine d’ heures de travail, mais les cadres, spécialement les cadres expatriés étaient en service 24 heures sur 24.

Ils étaient responsables de leur service mais aussi, dans le cas des planteurs, de leur surface géographique, y compris la cité des travailleurs dont ils avaient la charge.

En tant que planteur, Chef de division, on arrête vite de compter le nombre de fois que l’on a été réveillé en pleine nuit pour conduire la femme d’un travailleur à la maternité ou pour arrêter une rixe, souvent sanglante, entre deux ivrognes ou deux familles de clans différents.

Plus tard, lorsque l’on prend du galon, c’est la fonction de directeur de plantation qui vous amène à contrôler le calandrage nocturne à l’usine à caoutchouc ou le séchage du cacao.

Mais en principe, le travail du planteur commence au lever du soleil, soit lever à cinq heures du matin, au moment où le groupe électrogène se met en marche, une petite tasse de thé sur le pouce, puis à cinq heures trente, appel et mise au travail des ouvriers.

Retour de huit à neuf pour le petit déjeuner puis vers treize heures, déjeuner, petite sieste et retour au bureau vers quatorze heures trente jusqu’aux environs de dix-sept heures et parfois un peu plus.

Le meilleur moment est avant huit heures du matin, on a contrôlé les différentes équipes, veillé à ce que les travailleurs aient compris ce qu’ils devaient faire et on passe d’un chantier à l’autre dans la fraîcheur du matin extrêmement tonifiante.

Après neuf heures, il commence vraiment à faire chaud et l’après­ midi, on est plus relaxe, au bureau : il s’agit de contrôler la production, les coûts, les tâches effectuées, préparer le planning pour le lendemain, dispenser encouragements et remarques, trancher les éventuelles palabres entre personnes et mettre de l’ordre dans ses petits papiers.

L’après quatre heures est consacré au sport pour certains, le tennis et la pétanque sont assez prisés, la natation, une visite au «club» ou simplement rester chez soi ou visiter des amis pour boire un verre.

La génératrice était habituellement arrêtée vers vingt-deux heures, l’heure d’aller se coucher, car le lendemain il fallait être debout dès cinq heures.

Le samedi, le travail s’arrête à midi.

Une plantation ne s’établit pas au centre d’une ville, il n’était donc pas question d’aller passer la soirée dans un restaurant ou dans une boîte de nuit.

Nous étions en vase clos, quelques familles d’expatriés, parfois seulement deux ou trois, et tout le confort existant, eau courante et électricité par exemple, était généré par nous-mêmes.

Les week-ends, il y avait toujours un petit volet «travail» à accomplir, un contrôle à gauche ou à droite, un marché très local à visiter où l’on retrouvait les épouses de nos travailleurs et parfois une petite fête, un anniversaire, un mariage ou un baptême, car cela aussi fonctionnait, la télévision étant inexistante, que pouvait-on faire de mieux ?  Il y avait aussi des fêtes locales familiales ou autres organisées par des familles de travailleurs et auxquelles nous étions conviés, c’était toujours très coloré et éminemment sympathique.

A propos de mariage, je me souviens avoir été témoin, avec un ami espagnol, au mariage d’un autre de nos amis; nous avions seulement deux vestons pour nous trois… les témoins ont témoigné en bras de chemise, mais vu la chaleur accablante à l’église, c’est le pauvre marié qui, portant veston, a le plus souffert.

Les épouses avaient de quoi s’occuper: l’imagination était au pouvoir car si nous recevions quelques vivres auxquels nous étions habitués, tels du sucre, de la farine, du beurre, des pommes de terre, de la viande souvent d’élevages locaux, les arrivages étaient parfois problématiques, en tout cas irréguliers et la marchandise avait parfois souffert du transport.

La maîtresse de maison devait donc tirer son plan avec des produits indigènes, excellents et variés d’ailleurs, un potager, un petit élevage de poules, de lapins, de moutons; des achats aux villageois ou aux travailleurs: légumes , chèvres, poissons .

Elle devait aussi former le serviteur de maison et le jardinier afin d’être le mieux possible secondée. Tout devait être fait à la maison, ne serait-ce que le pain, ce à quoi bien peu d’Européennes étaient préparées.

La vie sociale était très développée, il ne se passait pas une semaine sans que nous nous réunissions entre amis pour un repas convivial et généralement bien arrosé de bière locale et de vins portugais qui étaient achetés en dames-jeannes de un peu plus de dix litres.

4.  Actions sociales

La gestion de la main-d’œuvre était rigoureusement encadrée par des textes légaux concernant le salaire, les allocations familiales intégralement en charge de l’employeur, la surface et l’état des logements individuels ainsi que des parcelles mises à la disposition des ouvriers et de leurs familles.

La législation s’étendait aussi à l’organisation, à l’entretien et à l’état sanitaire des cités de travailleurs, au contrôle médical effectué non seulement lors de l’engagement mais aussi annuellement par un médecin reconnu, aux soins médicaux accordés aux contractuels et aux membres de leurs familles.

Tout cela était supervisé par des inspecteurs du travail dépendant de l’Administrateur de Territoire.

Au-delà de ces obligations, quantités d’animations et de services étaient mis en place par les directions locales des exploitations agricoles. Ces activités n’étaient pas imposées légalement mais très souvent le responsable de la plantation avait à cœur de veiller non seulement au bien-être mais aussi aux distractions de sa main- d’œuvre et à la formation, à l’éducation des compagnes des travailleurs et de leurs enfants.

C’est ainsi que des consultations pour femmes enceintes et nourrissons étaient organisées mensuellement dans les cités avec la collaboration du personnel médical.

Des religieuses aidées par des dames européennes bénévoles réunissaient des épouses et des filles de travailleurs dans des ouvroirs où elles enseignaient la couture, la broderie mais donnaient aussi des conseils ménagers, d’hygiène familiale et corporelle, le matériel nécessaire étan­t fourni par l’entreprise.

Chaque travailleur avait la jouissance d’une parcelle en bordure de la plantation d’environ 1/4 ou 1/2 hectare pour y faire un champ vivier ce qui permettait à la famille de rester dans la tradition villageoise tout en assurant son alimentation sans devoir passer par les magasins de traite.  Parfois, une journée payée était octroyée en fin de saison sèche pour assurer le brûlage correct ou l’aménagement de cette parcelle.

Le chef d’exploitation veillait à   l’aménagement   des   têtes de sources aux abords des cités pour éviter la pollution de l’eau de consommation.

Des équipes de football très prisées étaient créées et des rencontres enthousiastes, très viriles, voire un championnat étaient organisés entre les équipes voisines.

En collaboration avec les missions voisines, des lieux de culte étaient construits dans les cités de travailleurs, des écoles pareillement , dont les salaires des moniteurs émargeaient souvent au budget de l’exploitation.

Chorales, théâtre, fanfares était également appréciés tant par les acteurs que par les spectateurs souvent avec la collaboration des enseignants.

Le 21 juillet, fête nationale belge, était l’occasion pour organiser une grosse « fiesta ».  Le défilé des enfants des écoles, des équipes sportives et culturelles locales accompagnés par la fanfare était suivi de la remise des prix pour les plus belles parcelles aux épouses de travailleurs. Casseroles, pagnes, foulards de têtes étaient les justes récompenses aux soins accordés aux jardinets. Ensuite, venaient des joutes amicales, courses à pied, au sac, lancer du javelot et autres divertissements agrémentés de danses et de quelques libations qui le lendemain se soldaient par un pourcentage non négligeable d’absentéisme au travail pour céphalée tenace et obsédante.

Retrouvez les témoignages sur ce sujet dans la vidéo ″Agronomes et Vétérinaires

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et du Ruanda Urundi