DU « MONSTRE » LEOPOLD II A « SAINT » LUMUMBA

Carte blanche de Mia Vossen  (avril 2018)

            Quand j’étais petite fille au Congo Belge, Léopold II était le héros de la colonie, celui grâce à qui il avait été mis fin à l’esclavage, aux abus de certains chefs coutumiers, à l’ignorance, à ces maladies endémiques qui faisaient qu’à son époque le pays comptait moins de 2 millions d’habitants… J’ai connu de florissants centres de santé, des écoles bien plus belles que celles de la Belgique, des routes parfaitement entretenues, des gens souriants qui accueillaient partout le « muzungu » avec des cris de joie…. l’indépendance est venue et avec elle la destruction du pays, destruction inaugurée par Lumumba.

            Actuellement, Léopold II est LE malfaiteur dont on veut déboulonner les statues, Lumumba est LE héros….

            Si, en 2017, j’étais une petite femme verte venue de l’espace, je me poserais des questions sur le bon sens de ces occidentaux qui se croient responsables, coupables de tout ce qui va mal sur la planète et je me dirais en moi-même « quelle prétention ! »

            Oui, quelle prétention : on va jusqu’à responsabiliser Léopold II de la mort de 10 millions de morts dans un pays qui comptait tout au plus 2 millions d’habitants! (1) et j’en viens à ce « héros » de l’indépendance du Congo qui a fait massacrer, qui a appelé à la haine, fait sombrer ce pays qui, d’après les observateurs de l’ONU, était en 1959 « le pays se développant socialement et économiquement le mieux sur terre ».

            Les discours haineux de Lumumba à la radio, je m’en souviens, où sont-ils passés ? Une amie m’a déniché une hagiographie de Lumumba qui reprend ses écrits, ses discours… pas ceux que j’ai entendus pendant 6 mois ! Mon mari, gamin à l’époque, a vu des gens massacrés par des « Lumumbistes » et dans la bouche desquels les assassins avaient glissé un feuillet de propagande pour Lumumba… nous avons vécu les années après l’indépendance, avons pu observer, impuissants, la ruine de notre pays. Je n’arrive pas à comprendre que ce monstre soit transformé en saint, en victime de l’Occident, par la presse bienpensante qui se croit régulièrement obligée de parler de « réparation » des crimes commis par Léopold II, par les colonisateurs racistes qui auraient pillé le Congo. Curieux « pillage » qui servait à embellir, à enrichir, le pays « pillé » !

            Depuis que les Belges ne « pillent » plus le Congo, la famine, l’insécurité règnent quand ce n’est pas la guerre et les massacres comme au Kivu. Mais, voilà, c’est un Congolais qui dirige le pays et donc tout va bien, il n’y a plus de racisme, tout se passe entre Noirs.

            Pourvu que le dictateur ait la même couleur de peau que ceux qu’il exploite, ruine et détruit, alors, tout est « politiquement correct ». Et je me dis que, vraiment, il n’y a pas de pire racisme que le racisme des anti-racistes. Un exemple bien actuel ? Mugabe pille son pays depuis le départ de Ian Smith, 90 % des Zimbabwéens sont sans travail, le pays ne produit plus ce qu’il consommait, ce qu’il pouvait exporter auparavant. Les fermiers blancs ont été massacrés… Ces fermiers, personne n’en parle dans la presse bienpensante, pas plus qu’elle ne parle de la misère au Zimbabwe, pays que nous avons vu riche, heureux, pays où tout le monde était souriant… Ian Smith avait la mauvaise couleur de peau.

            Non, vraiment, je n’avale pas ce racisme qui ne dit pas son nom, qui est hypocrite et destructeur. Le racisme des antiracistes est mortel ! Quand l’ONU et ses satellites, les ONG concernées, se secoueront-ils et admettront-ils qu’un homme n’est pas avant tout son origine, sa couleur ? Quand comprendra-t-on que cette éternelle victimisation ne fait qu’augmenter l’état de victime d’humains qui attendent « réparation » au lieu de prendre leur destin en main ? Un peu plus de dignité, un peu moins de racisme seraient favorables au développement des peuples « victimes » ! Léopold II n’était sûrement pas parfait mais j’ai vu l’oeuvre de Lumumba et nous voyons tous celle de Mugabe….

(1) Théodore Luyckx, grand-père de Claude Brasseur mon mari, voyageait au Congo à la fin du 19e siècle et c’est à ses observations de comptable minutieux que je dois ce chiffre… inconnu des « historiens » belges.

et du Ruanda Urundi